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Dépendance affective et sexuelle : comprendre les mécanismes d’attachement excessif

  • jennifercoisnon
  • 12 janv.
  • 6 min de lecture

Avez-vous l’impression de ne pas pouvoir vivre sans votre partenaire ?

Cherchez-vous dans la sexualité un moyen de vous rassurer ou de combler un vide émotionnel ?Acceptez-vous des relations qui ne vous conviennent pas, par peur de rester seul·e ?


Si ces situations résonnent en vous, il est possible que vous soyez concerné·e par ce que l’on appelle la dépendance affective, parfois associée à une dépendance sexuelle.


La dépendance affective est un mécanisme relationnel qui pousse une personne à chercher à l’extérieur d’elle-même (dans le regard, la présence ou l’approbation de l’autre) ce qu’elle ne parvient pas à s’offrir intérieurement : sécurité émotionnelle, valeur personnelle ou sentiment d’existence.

Lorsque cette dépendance s’accompagne d’une dimension sexuelle, la sexualité devient un moyen de se rassurer, de maintenir le lien ou d’obtenir une validation affective.


Qu’est-ce que la dépendance affective et sexuelle ?

La dépendance affective se caractérise par un besoin excessif de la présence, de l’approbation et de la validation de l’autre pour se sentir en sécurité, exister émotionnellement ou se sentir digne de valeur.

Ce n’est pas de l’amour. C’est une tentative de combler un manque affectif profond, souvent lié à des carences relationnelles précoces.


La personne dépendante affectivement :

  • a peur de rester seule,

  • fait passer les besoins de l’autre avant les siens, même au détriment de son bien-être,

  • tolère des relations toxiques ou insatisfaisantes par peur de la rupture,

  • s’adapte en permanence pour ne pas déplaire,

  • a besoin de réassurance constante sur la solidité du lien.


Lorsque la dépendance affective s’accompagne d’une dimension sexuelle, la sexualité n’est plus vécue comme un moment d’intimité partagée, mais comme :

  • un moyen de se rassurer sur l’attachement de l’autre,

  • une stratégie pour éviter l’abandon,

  • une recherche compulsive de validation affective,

  • un besoin de combler un vide émotionnel.


💡 Nuance importante : cette dimension peut prendre la forme d’une addiction sexuelle, c’est-à-dire la recherche répétée et compulsive d’expériences sexuelles pour apaiser une souffrance émotionnelle sous-jacente, souvent sans satisfaction durable. Il ne s’agit pas systématiquement d’une addiction au sens clinique.


Les causes profondes : entre manque affectif et besoin de reconnaissance

La dépendance affective et sexuelle se construit généralement au cours de l’enfance ou de l’adolescence, dans un contexte relationnel insécurisant.


Elle peut être liée à :

  • des carences affectives précoces (négligence émotionnelle, manque de présence parentale),

  • un attachement insécure (relation parentale imprévisible, conditionnelle ou distante),

  • des messages dévalorisants répétés (« Tu ne vaux rien », « Tu es de trop »),

  • des expériences d’abandon, de rejet ou de maltraitance,

  • un environnement familial où l’amour était conditionné à la performance ou au comportement.


Il ne s’agit pas forcément d’événements traumatiques isolés, mais parfois d’une accumulation de micro-blessures relationnelles.


L’enfant en vient alors à intérioriser l’idée que :

  • il n’a de valeur que s’il est utile, aimé ou désiré par l’autre,

  • il doit se plier aux attentes d’autrui pour mériter l’affection,

  • être seul·e équivaut à être abandonné·e ou rejeté·e.


À l’âge adulte, ces croyances se traduisent par :

  • un besoin excessif de validation externe,

  • une difficulté à exister en dehors du regard de l’autre,

  • une peur constante de la séparation ou du rejet,

  • une incapacité à se sentir en sécurité émotionnelle sans la présence de l’autre.


Lorsque la dimension sexuelle est présente, la sexualité devient un moyen de :

  • maintenir le lien (peur que l’autre parte si la sexualité n’est pas présente),

  • se sentir désiré·e (la sexualité devient une preuve d’amour ou de valeur),

  • combler un vide émotionnel (recherche de sensations pour éviter la souffrance psychique).


Les signes qui doivent alerter

À l’âge adulte, la dépendance affective et sexuelle peut se manifester par :

1. Besoin constant de la présence de l’autre

Vous ne supportez pas d’être seul·e. Quelques heures sans contact avec votre partenaire génèrent de l’angoisse. Vous avez besoin de sa présence physique ou virtuelle pour vous sentir en sécurité.


2. Peur de l’abandon dominante

Vous anticipez constamment la fin de la relation, même quand tout va bien.

Chaque silence ou changement de comportement peut déclencher une inquiétude. Cette peur vous pousse à accepter des situations qui ne vous conviennent pas.


3. Effacement de vos propres besoins

Vous mettez systématiquement les besoins de l’autre avant les vôtres, vous dites oui alors que vous pensez non et vous vous adaptez pour ne pas déplaire.


4. Relations toxiques ou répétitives

Vous attirez ou êtes attiré·e par des personnes indisponibles émotionnellement. Vous restez dans des relations insatisfaisantes par peur d’être seul·e et répétez les mêmes schémas relationnels.


5. Usage de la sexualité pour combler ou maintenir

La sexualité devient un outil pour :

  • se rassurer sur l’attachement,

  • éviter un conflit ou une discussion difficile,

  • maintenir le lien,

  • combler un vide émotionnel ou une anxiété.


6. Recherche compulsive de validation

Vous avez besoin de réassurance constante et scrutez les comportements de l’autre pour trouver des preuves d’amour.


7. Difficulté à être seul·e

Vous passez d’une relation à l’autre et vous avez l’impression de ne pas exister en dehors d’une relation.

Être seul·e génère un sentiment de vide, d’angoisse ou de dévalorisation.


Ces mécanismes s’accompagnent souvent de ruminations, d’émotions intenses, de troubles du sommeil et d’un sentiment de culpabilité ou de honte.


Les conséquences sur la vie émotionnelle et relationnelle

La dépendance affective et sexuelle peut affecter :

Vie amoureuse

  • Difficulté à construire des relations stables et équilibrées

  • Tolérance de relations toxiques ou insatisfaisantes

  • Surinvestissement émotionnel qui épuise

  • Jalousie excessive et besoin de contrôle

  • Sabotage relationnel par peur d’être abandonné·e


Estime de soi

  • Sentiment de ne pas avoir de valeur en dehors de la relation

  • Difficulté à reconnaître ses qualités propres

  • Auto-critique excessive et sentiment de honte

  • Besoin constant de validation externe


Vie sexuelle

  • Sexualité déconnectée du désir authentique

  • Utilisation de la sexualité comme moyen de réassurance

  • Difficulté à poser des limites

  • Sentiment de vide ou d’insatisfaction après les rapports


Vie sociale

  • Isolement progressif

  • Perte de contacts amicaux ou familiaux

  • Difficulté à maintenir une identité propre


Santé mentale

  • Anxiété chronique liée à la peur de l’abandon

  • Symptômes dépressifs en cas de rupture ou de distance

  • Épuisement émotionnel

  • Troubles du sommeil et ruminations


Les approches thérapeutiques pour s’en libérer et retrouver l’autonomie affective


L'apport des TCC - Les thérapies cognitivo-comportementales permettent de :

  • identifier les schémas relationnels et les croyances sous-jacentes,

  • comprendre les origines (carences affectives, attachement insécure),

  • repérer les pensées automatiques qui entretiennent la dépendance,

  • réguler les émotions intenses,

  • modifier progressivement les comportements dépendants,

  • développer une sécurité intérieure et une autonomie affective,

  • construire une relation plus saine à soi-même et aux autres.


L'apport de l'EMDR

Lorsque la dépendance affective est liée à des expériences précoces de carence, de rejet ou d’abandon, l’EMDR permet de retraiter ces souvenirs douloureux, de diminuer leur charge émotionnelle et de désactiver progressivement les mécanismes de dépendance.


Conclusion

Le travail thérapeutique vise à :

  • reconstruire une sécurité intérieure indépendante du regard de l’autre,

  • identifier et exprimer ses besoins,

  • développer la capacité à être seul·e,

  • créer des relations basées sur le choix et non le besoin,

  • se reconnecter à ses désirs authentiques, y compris dans la sexualité.


La dépendance affective et sexuelle est une adaptation relationnelle construite dans un contexte de manque affectif ou d’insécurité précoce.

Un accompagnement psychologique adapté permet de mieux comprendre ces mécanismes, d’en atténuer les effets et de retrouver autonomie affective et sécurité émotionnelle.


Vous vous reconnaissez dans ce fonctionnement ?

Psychologue spécialisée en TCC et EMDR, j’accompagne les personnes présentant une dépendance affective, une anxiété relationnelle ou des difficultés d’attachement en téléconsultation, partout en Suisse.





FAQ – Questions fréquentes sur la dépendance affective et sexuelle


La dépendance affective, c’est la même chose que l’amour ?

Non, l’amour est un choix libre, basé sur le désir de partager et l’appréciation de l’autre.

La dépendance affective est un besoin : on ne peut pas vivre sans l’autre, non par amour, mais par peur du vide ou de l’abandon.


Peut-on "guérir" de la dépendance affective ?

On parle plutôt de transformation. La dépendance affective peut se désactiver progressivement grâce à la thérapie.

On apprend à construire une sécurité intérieure, à exister par soi-même et à créer des relations saines.


Comment savoir si j’ai une dépendance affective ou si je suis simplement amoureux·se ?

Si vous ressentez :

  • un vide insupportable en l’absence de l’autre,

  • une anxiété constante liée à la peur de l’abandon,

  • une difficulté à exister en dehors de la relation,

  • un effacement systématique de vos besoins,alors il ne s’agit probablement pas seulement d’amour, mais d’une forme de dépendance affective.


La dépendance sexuelle, c’est la même chose que l’addiction sexuelle ?

Il existe une nuance : la dépendance sexuelle est souvent liée à une recherche de réassurance ou de validation via la sexualité. L’addiction sexuelle est une compulsion où la recherche de sensations devient incontrôlable et nuit au bien-être.


Peut-on travailler sur la dépendance affective en téléconsultation ?

Oui, la téléconsultation est aussi efficace que le présentiel pour ce type de travail. TCC et EMDR se pratiquent très bien en visio.


Mon partenaire est dépendant affectif, comment l’aider ?

Vous ne pouvez pas « réparer » sa dépendance.

Vous pouvez :

  • l’encourager à consulter,

  • maintenir vos limites,

  • prendre soin de vous.


La dépendance affective peut-elle coexister avec le schéma de rejet ?

Oui, le schéma de rejet (croyance profonde « je vais être rejeté·e ») et la dépendance affective sont souvent liés.

La dépendance est souvent un comportement visant à chercher sécurité et validation pour éviter le rejet.


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